Notre académie est profondément marquée par la diversité de ses territoires. Elle est urbaine, rurale et montagnarde. Mais notre ambition, elle, doit être la même partout : permettre à chaque élève d’aller au bout de ses potentialités, quels que soient son origine, son parcours ou son territoire.
Le message porté cette année au niveau national est particulièrement clair : L’École est au cœur de notre avenir.
Dans un monde traversé par des transformations démographiques, numériques et climatiques majeures, nous devons nous concentrer sur ce qui constitue le cœur de nos missions.
Je souhaite donc retenir 4 verbes comme fil conducteur de cette rentrée : instruire, protéger, unir et prévoir.
Remettre les apprentissages au cœur de l’École
Nous devons concentrer notre action sur deux priorités pédagogiques absolues : la maîtrise du langage et la maîtrise du raisonnement scientifique et mathématique.
Lire, écrire, comprendre, s’exprimer, argumenter, raisonner, résoudre des problèmes : ces apprentissages conditionnent tous les autres.
Nous devons nous appuyer sur des pratiques pédagogiques éprouvées, explicites et rigoureuses, et mieux utiliser les évaluations pour identifier les besoins réels des élèves et pour agir.
C’est le sens de la feuille de route de notre Conseil académique des savoirs fondamentaux. C’est également le sens de notre participation à l’expérimentation nationale « Pionniers des maths ». Dans l’académie, 47 classes participent à cette expérimentation, avec un travail particulièrement centré sur la résolution de problèmes et les automatismes.
Nous poursuivons parallèlement notre mobilisation pour réduire les écarts entre les filles et les garçons en mathématiques et en sciences.
Cette exigence sur les apprentissages doit être particulièrement forte au collège, et donnera lieu à un accompagnement renforcé de 14 de nos collèges pour faire reculer durablement la grande difficulté scolaire en agissant d’abord sur les savoirs fondamentaux.
Faire de l’orientation une véritable politique pédagogique
L’orientation doit se construire progressivement et au plus tôt. Notre objectif est que chaque jeune puisse faire un choix éclairé et ambitieux, qui ne soit déterminé ni par son origine sociale, ni par son territoire, ni par son genre.
Le plan Avenir nous donne un cadre concret : un plan pluriannuel d’orientation dans chaque établissement, quatre demi-journées annuelles de la cinquième à la terminale consacrées à la découverte des métiers et des formations, la plateforme Avenir(s) et la formation des professeurs principaux.
Cet enjeu revêt une importance particulière dans une académie comme la nôtre. Nous savons que la mobilité et l’éloignement peuvent parfois limiter les ambitions. Notre responsabilité est donc d’ouvrir le champ des possibles, de lutter contre l’autocensure et de permettre à chaque jeune de découvrir des formations et des métiers qu’il n’aurait peut-être pas spontanément envisagés.
Cela suppose également de mieux faire connaître la voie professionnelle et technologique, de renforcer les liens avec l’enseignement supérieur et le monde économique, et d’utiliser davantage les leviers que constituent les internats, la mobilité européenne et internationale.
L’endroit où l’on grandit ne doit jamais déterminer l’ambition que l’on peut avoir pour son avenir.
Faire de l’École un lieu sûr
L’autre mission fondamentale de l’École est de protéger, les élèves comme les personnels. Aucune violence ne doit être banalisée et aucune situation préoccupante ne doit rester sans réponse.
Globalement, le climat scolaire dans l’académie demeure maîtrisé. Mais, comme partout en France, nous observons des évolutions qui appellent une vigilance constante.
Notre responsabilité collective est donc de repérer, signaler, traiter et accompagner.
Cela concerne le harcèlement, les violences, les atteintes aux personnes, mais également tous les signaux faibles susceptibles de fragiliser un élève, un personnel ou le fonctionnement d’un établissement.
La lutte contre les violences sexistes et sexuelles constitue une priorité absolue. À partir de cette année, tous les élèves, de la grande section à la terminale, se verront proposer, en même temps que le questionnaire sur le harcèlement, un questionnaire adapté à leur âge sur les violences sexistes et sexuelles. Cela suppose naturellement que nous soyons en capacité de recueillir la parole qui pourra émerger et d’apporter immédiatement les réponses de protection nécessaires.
Protéger nos élèves, c’est aussi leur permettre de retrouver à l’École un espace préservé de la sollicitation permanente des écrans.
La mise en œuvre de la scolarité sans téléphone portable constitue donc un enjeu de cette rentrée. Ce n’est pas un sujet accessoire : il touche directement à la concentration, aux apprentissages, au climat scolaire et aux relations entre élèves.
Notre objectif est finalement très concret : permettre à chaque élève de venir à l’École pour apprendre dans un environnement serein et protecteur.
Faire vivre l’École de la République et renforcer l’alliance avec les familles
L’École est aussi le lieu où se construit notre communauté nationale. La liberté, l’égalité, la fraternité et la laïcité ne sont pas seulement des principes que nous enseignons : ils doivent se vivre quotidiennement dans nos écoles et nos établissements.
Nous devons donc être extrêmement fermes face aux atteintes à la laïcité, aux actes racistes ou antisémites et, plus largement, à tout ce qui remet en cause les principes de la République.
Unir, c’est aussi renforcer le lien avec les familles. Nous avons besoin des parents pour faire réussir les élèves. Cette relation doit reposer sur le dialogue, la confiance, le respect mutuel et une responsabilité partagée.
La nouvelle Charte Parents-École vient précisément réaffirmer ce cadre : protéger ensemble les enfants, les accompagner dans leur scolarité, mais également garantir le respect des personnels, des enseignements et des règles de fonctionnement de l’École.
Anticiper la rupture démographique plutôt que la subir
Le quatrième terme de notre cap est sans doute particulièrement important pour l’académie de Clermont-Ferrand : prévoir.
Nous savons désormais que la baisse démographique n’est pas conjoncturelle. À la rentrée 2026, l’académie devrait accueillir 3 377 élèves de moins qu’en 2025. Et les projections montrent que cette évolution va se poursuivre dans les prochaines années.
Nous devons donc changer de méthode. Nous devons passer d’une logique annuelle de gestion des moyens à une véritable réflexion sur l’aménagement éducatif du territoire.
C’est tout le sens de l’expérimentation engagée dans 18 départements, dont le Cantal.
L’objectif est de construire avec les élus une vision partagée et pluriannuelle de l’offre scolaire, prenant en compte les réalités démographiques, géographiques, pédagogiques mais également les mobilités, les équipements et plus largement l’aménagement du territoire.
Dans le Cantal, cette démarche est déjà très concrète. Depuis 2023, l’Observatoire départemental des dynamiques rurales permet de disposer d’un diagnostic territorial partagé. Et surtout, nous avons fait le choix d’un dialogue très approfondi avec les élus : plus de 60 % des maires du département ont été rencontrés entre mai et juillet 2026.
Notre méthode peut se résumer en trois principes : anticiper plutôt que subir, dialoguer plutôt qu’annoncer, contractualiser lorsque cela est possible.
Cela signifie que la question ne peut plus être simplement : combien de classes faut-il ouvrir ou fermer l’année prochaine ?
La véritable question est :
Quelle École voulons-nous dans cinq ou dix ans sur ces territoires et comment pouvons- nous garantir durablement à chaque enfant une offre éducative de qualité ?
La baisse démographique ne doit pas entraîner une baisse de notre ambition pour l’École rurale. Elle doit au contraire nous conduire à inventer de nouvelles organisations et à construire, avec les collectivités, une politique éducative adaptée aux réalités de chaque territoire.
Prévoir, c’est enfin regarder les transformations auxquelles l’École est déjà confrontée.
Je pense bien sûr à l’intelligence artificielle. Elle est déjà présente dans les pratiques de nos élèves et de nos personnels. Nous ne devons ni l’ignorer ni la subir. Nous devons apprendre à en construire des usages responsables, pédagogiquement pertinents et respectueux de l’esprit critique.
Je pense également au changement climatique, qui nous oblige à travailler avec les collectivités sur l’adaptation des bâtiments scolaires et des conditions d’accueil.
Et je pense enfin à la cybersécurité, qui n’est désormais plus seulement un sujet informatique mais bien un enjeu de gouvernance et de responsabilité collective.
Au fond, toutes ces priorités sont étroitement liées.
- On apprend mieux lorsque l’on se sent bien et en sécurité à l’École.
- On construit mieux son orientation lorsque l’on maîtrise les savoirs fondamentaux et que l’on a confiance dans ses capacités.
- On réduit les inégalités lorsque l’on concentre notre action là où les difficultés sont les plus importantes.
- Et l’on garantit l’égalité entre les territoires lorsque l’on anticipe les transformations plutôt que de les subir.
C’est le sens du cap que je souhaite donner à cette rentrée dans l’académie de Clermont-Ferrand. Aucun de ces objectifs ne pourra être atteint sans les femmes et les hommes qui font vivre notre École.
C’est pourquoi je veux terminer comme j’ai commencé, en adressant mes remerciements à l’ensemble des personnels de l’académie, déjà pleinement mobilisés pour cette rentrée.
Et je veux redire aux élèves et à leurs familles que notre engagement collectif est tout entier tourné vers un objectif : faire réussir chaque élève, partout dans l’académie, quels que soient son origine, son parcours ou son territoire.
C’est l’ambition d’une académie exigeante, protectrice et proche de ses territoires.
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Mise à jour : septembre 2026







