Mémoire et chansons

19.06.2018

Comment passer d’une représentation belliqueuse, qui valorise la différence et la rancœur, à une posture de tolérance, de respect, d’écoute, de convergence ?

C’était le pari des équipes éducatives des écoles publiques d’Aigueperse et de Saint Clément de Régnat pour ce projet « chantons la paix et la tolérance ». Sans nier l’histoire, son contexte, sa logique implacable et l’engrenage de la violence, les élèves ont cherché au-delà à tisser une spirale vertueuse du vivre ensemble.

Le 15 juin, 150 élèves étaient réunies pour commémorer la 1ère guerre mondiale de 1914/1918. Ce rendez-vous constituait un des éléments de la saison éducative distillée par le réseau d’écoles « Lumière » dont les élèves sont accueillis au collège Denis Diderot d’Aigueperse, réseau qui n’a de cesse de développer des parcours éducatifs riches et équilibrés pour les élèves de ce territoire.

Ces classes, constituées en chœur d’enfants, sous la direction d’Elisabeth Thelamon, installées dans un haut lieu du patrimoine - la halle au blé d’Aigueperse - ont célébré à la fois le centenaire de la guerre de 14/18 et favorisé la reconnaissance des élèves comme de futurs citoyens qui, demain, prendront toute leur place dans la communauté. Enfin, ce rendez-vous a contribué au rayonnement de l’école publique et au renforcement de son image de pôle culturel en milieu rural.

Gageons que ce projet aura donné aux élèves des clés pour mieux comprendre notre héritage historique, culturel et artistique, et semé par ailleurs quelques graines sur les valeurs républicaines, qu’il conviendra à chacun de faire germer.

Ce point d’orgue du projet « mémoire et commémoration », que les équipes enseignantes ont imaginé pour jalonner le parcours éducatif artistique et culturel des élèves était constitué de deux axes de travail : un premier sur le travail de mémoire et de contextualisation, un second sur la traduction artistique, musicale, textuelle de cette grande guerre dans le répertoire chanté populaire français et l’imaginaire collectif.

Les travaux quotidiens dans les écoles furent extrêmement riches. Ils se renforcèrent du partenariat avec l’ensemble instrumental de la musique militaire du régiment d’Auvergne sous la direction de l’Adjudant-Chef Politi. Cette rencontre, par sa densité et sa sensibilité, marquera durablement et profondément, à n’en pas douter, les personnalités des élèves.

Ainsi la musique du 92e régiment d’infanterie de Clermont a-t-elle accepté d’élargir son répertoire habituel, en intégrant plusieurs pièces musicales proposées par les équipes éducatives. 9 œuvres ont composé ce tour de chants. Deux de ces pièces étaient des hymnes cristallisant nos appartenances nationale et européenne (La Marseillaise et l’Hymne à la joie), trois étaient tirées du répertoire patriotique et militaire (Le chant des partisans, Nos pères les Gaulois, Entre terre et ciel), deux étaient centrées sur les thèmes de la paix et de la tolérance (Fleur de Paris et Hiroshima), une huitième était dans le registre de la contestation (La chanson de Craonne).

La dernière enfin, « Quatre ans de malheur », était un texte produit collectivement par les élèves sur le timbre « Opium » du répertoire habituel de la musique du régiment d'Auvergne. Un texte imaginé par les élèves, sous la forme d’un échange épistolaire, entre un homme, au front, qui raconte la dureté des combats, le poids de l’absence mais aussi l’espoir qui demeure, et sa famille, restée à l’arrière. Puis la réponse de son épouse, seule, en charge de la famille, du travail aux champs, de la vie au quotidien, en proie à l’épuisement, à la désespérance… Ces deux lettres, forment les couplets du chant. Elles sont complétées par un refrain poignant, une sorte de cri ou plutôt d’exhortation sur le don de soi, le vœu de paix et l’espoir de lendemains meilleurs.

La transdisciplinarité fut donc à l’œuvre dans cette dynamique de pédagogie du projet avec une importante acculturation sur cet épisode de notre histoire, une remarquable activité d’écriture, un travail sur la culture vocale et le chant choral, un investissement de la langue orale et de la prise de parole afin de présenter le spectacle, les partenaires, les pièces musicales… toutes activités concourant à la construction du socle commun des connaissances et des compétences des élèves. Une restitution réussie, avec un fort engagement des élèves, des intervenants remarquables, un partenariat exemplaire qui a rencontré une forte adhésion d’un public nombreux et conquis.

 
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