Education au développement durable

 

L’école du dehors

Cette nouvelle pratique pédagogique d’origine scandinave apparaît de plus en plus dans les écoles.

Un besoin essentiel

L’école au dehors est d’autant plus importante dans le contexte sanitaire actuel, ainsi qu’avec l’essor du numérique. En effet, les enfants passent trois fois moins de temps à jouer dehors que leurs parents au même âge. De plus, avec le confinement, les enfants sont passés principalement à un mode de vie quasi-sédentaire. Cela entraîne des effets néfastes comme une perte de plus de 25% de leurs capacités cardiovasculaires, de l’ennui voire de la dépression. A l’école, le fait d’être enfermé dans des classes en période de confinement participe à ces troubles et va à l’encontre de ces besoins naturels que sont sortir, bouger et s’aérer le corps et l’esprit. L’école au dehors apparaît donc comme une solution face à cela.

Apprendre autrement

Quitter la classe permet d’apprendre différemment, ainsi que de remettre la nature et l’enfant au centre des apprentissages. C’est tout l’enjeu de cette pédagogie. Sortir en nature permet de développer tous les sens mais également toutes les intelligences, y compris celles qui sont négligées à l’école comme les intelligences kinesthésiques (l’intelligence du corps et du mouvement), ou encore les intelligences naturalistes (celle qui permet de classifier, d’observer les éléments naturels). Nombreuses sont les recherches qui témoignent de l’importance du dehors pour l’enfant, mais aussi pour l’adulte. Par exemple, Louis Espinassous, un éducateur et biologiste, explique dans son œuvre Pour une éducation buissonnière, éditions Hesse (2010) qu’il est vital de reconstruire ce lien avec la nature pour « s’épanouir en tant qu’être vivant sur la planète et aller vers une humanité plus solidaire et respectueuse des ressources limitées et de la beauté du monde ».

Avec l’école au dehors, les élèves partent découvrir en autonomie un environnement riche. En utilisant tous leurs sens et en permettant des expérimentations spatiales, l’école du dehors semble, par certains aspects, plus bénéfique que l’école en lieu clos. Elle offre un large choix d’activité, qu’il s’agisse de découverte, d’éveil, ou de construction.

Cette pédagogie permet de prendre en compte l’élève dans sa globalité, c’est-à-dire le corps et l’esprit. Les sorties régulières leur permettent d’augmenter les capacités de mémoire, d’attention et de concentration. Cela engendre une stimulation physique et psychologique, permet de faire se révéler les plus discrets, mais aussi de les apaiser, favorisant un meilleur développement des capacités cognitives. Les relations sociales tendent également à être bien meilleures.

De plus, l’enfant qui est confronté à la nature apprendra à s’émerveiller devant la beauté du monde réelle, et sera plus enclin à vouloir protéger l’environnement. En effet, c’est en interagissant avec leur environnement qu’ils réaliseront leur rôle d’acteur et y seront particulièrement sensibilisés. Il s’agit là d’un point clé de l’école du dehors.

En somme, ce système permet aux enfants de s’épanouir, d’apaiser les relations sociales, et d’éveiller les consciences aux défis écologiques.

A quelles conditions ?

Cependant l’école du dehors nécessite un certain nombre de points pour sa mise en place. Tout d’abord, l’élément clé est un coin nature à proximité des établissements. Ce lieu se doit d’être accessible à pied. Il n’est pas impossible de faire cela dans la ville qui peut également s’avérer très riche d’apprentissage.

L’école du dehors est également liée à certaines craintes, principalement venants des parents. Celles-ci sont liées aux intempéries, aux équipements nécessaires, mais aussi aux risques de chutes et d’accidents. Pourtant, la fréquentation d’aires de jeux non sécurisées permet aux enfants d’apprendre à gérer les risques qu’ils prennent. Ils apprennent à appréhender leurs capacités et leurs limites, développant ainsi une meilleure estime d’eux-mêmes.

Témoignage …. en maternelle

Les témoignages liés à cette pratique se sont multipliés ces dernières années.

Parmi ces exemples, une sortie a été effectuée le jeudi 15 octobre après-midi avec une classe maternelle de Saint-Eloy-les-Mines dans le « petit bois », un lieu à proximité de l’école.

Pour le déroulement de cette sortie, l’enseignante a envisagé une activité pour le trajet qui consiste à chercher des feuilles jaunes afin de les « mettre en situation ». Une fois sur le site du « petit bois », l’enseignante prépare le terrain avec la mise en place d’un tapis, et effectue un travail de regroupement avec la récitation de la comptine du « Papillon roux » qui permet de travailler la mémoire ainsi que l’association des gestes.

L’activité de début terminée, l’enseignante peut commencer l’activité mathématique prévue initialement pour le « petit bois » : la recherche d’accessoires pour orner sa couronne d’automne. Pour ce faire, les enfants possèdent chacun une pochette avec 5 images de différents éléments trouvables dans le petit bois, ainsi que la quantité (en chiffre mais aussi sous forme de points) nécessaire. Pendant près d’une heure, les enfants s’éparpillent dans le bois et partent en autonomie pour chercher, observer, manipuler les objets. Après avoir réuni tous les éléments, et après un temps de jeu pour les plus rapides, un temps de mise en commun se fait afin d’échanger autour des découvertes et partager les expériences vécues.

L’après-midi se termine par un temps d’apaisement dans le petit bois où l’enseignante propose aux enfants de rejoindre leur arbre totem, choisi au préalable par les élèves, et d’y aller se reconnecter avec pendant 3 minutes. Ce moment s’effectue en silence, et leur permet de travailler les 5 sens.

L’enseignante est ravie de l’épanouissement et de l’engagement de ses élèves durant ce temps. Il s’agit d’une chance pour sa classe que d’avoir un tel lieu à proximité de l’école. De plus, ces sorties se passant relativement bien, elle peut se permettre d’augmenter la fréquence de celles-ci à deux fois par semaine.

…. Et aussi en élémentaire

Un autre témoignage illustrant cette pratique est celui de Claire, enseignante d’une classe de CE1. Elle a effectué sa première sortie au dehors avec comme activité principale un temps libre où les enfants se défoulent, explorent, construisent, ramassent et questionnent ce qui les entoure.

Cette activité peut ressembler à un temps récréatif, certes, sauf que les échanges entre élèves et avec la maîtresse sont beaucoup plus riches. Ils développent leur vocabulaire en lien avec l’environnement à travers un travail axé sur l’oral. De plus, cela a permis à Claire d’échanger davantage avec les parents d’élèves les plus enthousiastes.

Ressources

Dossier réalisé dans le cadre de la continuité pédagogique du printemps 2020 : https://mediascol.ac-clermont.fr/drane-clermont/2020/05/24/lecole-du-dehors-enseigner-a-ciel-ouvert/

« L’école dehors » Padlet de Cathy Walrant, enseignante belge déjà engagée dans l’école au dehors : https://fr.padlet.com/cathywalrant1/ecoledehors

Site collaboratif de professeurs francophones : https://profsentransition.com/ecole-du-dehors/

 
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