Manon Roland, une femme en Révolution

PROGRAMMES
Première générale du lycée

 Thème 1 :
L'Europe face aux révolutions
Chapitre 1.
La Révolution française et l'Empire : une nouvelle conception de la nation

Une femme engagée et critiquée

Jeanne-Marie Philipon, née en 1754, est la fille d’un maître-graveur de Paris. Esprit vif et enthousiaste, elle se passionne pour la littérature antique. Elle épouse Jean-Marie Roland de la Platière, économiste réputé, inspecteur du commerce et des manufactures de vingt ans son aîné. La Révolution lui donne l’espoir d’être utile au grand public. Son mari, porté par le parti girondin, est ministre de l’intérieur à deux reprises. Il devient l’un des chefs de file des Girondins. Manon seconde activement son mari rédigeant lettres et circulaires officielles. Son célèbre salon devient un espace de sociabilité girondine où se croisent journalistes, écrivains et hommes politiques. Elle souhaite mettre son savoir et ses idées au service de la République, sans revendiquer pour autant un rôle politique de premier plan pour les femmes : influencée par les idées rousseauistes, elle jugeait que celles-ci devaient demeurer à leur place au sein de la sphère privée et contribuer par là au bonheur de la société, plutôt que de se mêler ouvertement de politique. Ces positions n’étaient pas partagées par tous (Danton, Hébert…). Elle est arrêtée le 1er juin 1793 par les montagnards. Elle est jugée le 8 novembre 1793 par un tribunal révolutionnaire et exécutée le soir même. Écrits pendant son emprisonnement, les mémoires de Madame Roland, paraissent à l’automne 1795 sous le titre « Appel à l’impartiale postérité ». Elle cherche à répondre aux attaques dont elle est l’objet. Minimisant son rôle politique, elle se décrit  comme une simple épouse qui a toujours su se tenir à l’écart des décisions politiques, se contentant d’écouter et  d’observer.

La figure de Manon Roland devient au XIXe siècle, sous la plume de Lamartine, Stendhal, ou Michelet une légende, « celle d’une héroïne de la révolution et martyre de la liberté ». Ultérieurement, plusieurs historiens dont Albert Mathiez et Louis Madelin réagissent à ce qu'ils considèrent comme « un culte de la personnalité propre au romantisme » et dépeignent Madame Roland comme une petite bourgeoise intrigante et rancunière, qui serait en partie responsable des dissensions entre Girondins et Montagnards. Elle incarne donc deux modèles de femme, entre l’intrigante dénoncée par ses opposants et la femme vertueuse et passionnée mise en avant par d’autres.

Ressources

PPO – Madame Roland, une femmes en révolution

Une étude d'un portrait de Madame Roland, téléchargeable et mis à disposition par L’Histoire par l’image.

Propositions de scénarios pédagogiques

- Rédiger une notice biographique à partir d’une recherche su le site «histoire par l’image» : https://www.histoire-image.org. Montrez comment elle a vécu et pensé la Révolution.

- Réfléchir à la place des femmes pendant la Révolution vue par les hommes à travers la figure de Manon Roland à partir du site Retronews–BNF : https://www.retronews.fr/politique/chronique/2019/08/02/madame-roland-symbole-de-linfluence-pernicieuse-des-femmes-sur-la. Montrez que le rôle politique joué par Manon Roland est une exception mal acceptée.

Ces activités permettent de mettre une figure en perspective.

Portrait de Manon Roland, musée Lambinet, fin du XVIIIe siècle

Sommaire

     

Vincent Faisandier
Vincent-Georges.Faisandier@ac-clermont.fr

 

 


Bibliographie

Manon Roland, Mémoires, publication posthume, Paris, 1901.

Hébert, Le Père Duchesne, n°202, décembre 1792.

Marat, L’ami du peuple, n°683, 19 septembre 1792.


Sitographie
et podcast

Madame Roland, symbole de « l’influence pernicieuse des femmes sur la politique » : dossier Retronews – BNF.

Correspondance, mémoires, biographie et gravures de Manon Roland : BNF – Gallica.

Manon Philippon, dite Manon Roland:dossier l’histoire par l’image.

"Manon Roland, Une femme politique sous la Révolution", article disponible sur Historia.fr.