Traité franco-allemand de l'Elysée : 56 ans d'amitié

17.01.2019

Depuis la fin de la 2nde Guerre Mondiale, Français et Allemands ont mis toute leur énergie à construire une amitié profonde et durable, pour tirer un trait sur des siècles de violences et d’incompréhensions. Les enseignants d'allemand en France et de français en Allemagne, ainsi que les municipalités, se sont trouvés au coeur du processus.

L’amitié franco-allemande, un bien inestimable, fruit du travail des enseignants

Depuis la fin de la 2nde Guerre Mondiale, Français et Allemands ont mis toute leur énergie à construire une amitié profonde et durable, pour tirer un trait sur des siècles de violences et d’incompréhensions qui ne devaient plus avoir de place au XXe siècle. Le rapprochement des deux peuples devait passer par les jeunes, et les systèmes scolaires des deux pays se sont tout de suite trouvés au cœur du mouvement : la future amitié franco-allemande reposaient sur les épaules des enseignants de français en Allemagne et des enseignants d’allemand en France.

56 ans après la signature du traité de l’Elysée par le Général de Gaulle et le Chancelier Adenauer (le 22 janvier 1963), on peut dire avec certitude et fierté que les enseignants des deux pays ont pleinement joué leurs rôles, et que sans leur dévouement et leur volonté l’amitié franco-allemande ne serait pas ce qu’elle est de nos jours. Aux côtés des enseignants, les comités de jumelage des municipalités ont construit eux aussi l’amitié franco-allemande, et les plus belles histoires de rapprochements, qui se comptent par milliers, sont celles qui ont vu les établissements scolaires et les municipalités œuvrer ensemble.

Nous avons choisi d’illustrer la réconciliation des peuples allemands et français, unique dans l’histoire mondiale, par le récit de deux partenariats d’établissements allemands et français de l’académie : celui du collège Antoine de Saint-Exupéry, à Varennes-sur-Allier, et celui du collège Teilhard de Chardin, à Chamalières :

1/ Histoire de l’échange franco-allemand entre le Werner-Heisenberg-Gymnasium de Garching (Bayern) et le collège Antoine de Saint-Exupéry de Varennes sur Allier (depuis 1975) – par Marie-Ange PANGAUD, enseignante d'allemand.

L’échange entre le Werner-Heisenberg-Gymnasium de Garching et le collège Saint-Exupéry de Varennes-sur-Allier existe depuis 1975. On nous interroge souvent sur la longévité de notre relation et la solidité de nos liens malgré nos disparités évidentes (ruraux plutôt sédentaires et modestes ici / citadins issus de la bourgeoisie intellectuelle et de la diversité culturelle outre-Rhin). La recette est assez simple et tient en quelques mots : bonnes volontés des deux côtés et surtout amitié, car cet échange est avant tout une belle aventure humaine tant pour les élèves et leurs familles que pour les professeurs.

Ces bonnes volontés se sont manifestées dès le début de notre histoire grâce à une équipe de professeurs humanistes désireux de rapprocher nos deux peuples. Leurs parents s’étaient fait la guerre, ils étaient convaincus d’oeuvrer pour la paix en s’engageant dans cette aventure. Au fil du temps, l’amitié a fait le reste. Les moments festifs, mais aussi parfois les drames et les deuils ont tissé des souvenirs communs, des liens indéfectibles. La plupart d’entre eux sont maintenant à la retraite, certains nous ont quittés définitivement, mais les retraités sont toujours là lorsque nos partenaires arrivent. Ils ont su transmettre le flambeau. Ainsi l’échange reste à Varennes une histoire collective dont le professeur d’allemand n’est que le metteur en scène

Chaque collègue, dans le collège, apporte sa pierre à l’édifice selon ses possibilités et ses envies, en hébergeant un collègue allemand dans sa famille, en organisant une sortie à VTT franco-allemande ou un atelier de cuisine partagée avec les élèves de notre SEGPA, en accompagnant le groupe lors d’une excursion ou tout simplement en accueillant des élèves allemands dans sa classe. Qu’il soit ici rendu hommage à chacun d’eux. De même, les familles ont à coeur de bien accueillir nos correspondants et organisent souvent des activités en commun les week-ends. Ce « faire ensemble » crée du lien. C’est ainsi que beaucoup, ici à Varennes-sur-Allier, ont désormais à Garching bien plus que des « corres » : de vrais amis avec qui ils gardent des relations suivies au-delà de l’échange scolaire.

A l’heure où la construction européenne semble avoir besoin d’un second souffle, l’échange franco-allemand constitue une expérience essentielle pour nos élèves et leurs parents. C’est aussi pour le professeur d’allemand une dimension qui donne du sens à l’immense travail que représente l’organisation d’un échange, auquel le soutien collectif est indispensable.

2/ Histoire de l’échange franco-allemand entre le collège Teilhard de Chardin (Chamalières) et le Gymnasium-Realschule Gerestried (depuis 1983) - par Estelle LE COURT, enseignante d’allemand.

L’échange scolaire mis en place entre le collège Teilhard de Chardin et les établissements de Geretsried est né tout d’abord du jumelage entre nos deux villes, très actif depuis 35 ans déjà. Les comités de jumelage respectifs des mairies entretiennent des liens très forts et organisent un échange annuel qui connaît beaucoup de succès. De là est née la volonté de l’étendre aux établissements publics du secondaire de Chamalières, le lycée polyvalent et le collège Teilhard de Chardin, les deux comités étant là pour le soutien financier et logistique de ces échanges : ils subventionnent les établissements chaque année de façon à pouvoir offrir aux élèves un programme riche, et se tiennent également prêts à aider les enseignants à trouver un hébergement pour les accompagnateurs si nécessaire, ou à prêter main forte pour des questions de programme.

Ce soutien indéfectible depuis plus de dix ans nous a fortement encouragés à développer l’échange au niveau scolaire - c’est un atout indéniable. Durant une longue période l’échange scolaire s’est fait conjointement avec des élèves du lycée et du collège, mais l’allemand étant en forte croissance au collège depuis cinq ans (deux classes de germanistes par niveau), les besoins se sont faits plus forts et nous avons fait le choix de séparer les deux échanges : une année pour le lycée, et une année pour le collège. Le nombre d’élèves concernés au collège est variable, cela peut aller de trente à une cinquantaine d’élèves de chaque côté (sur les niveaux de 4e et/ou de 3e), tant la demande est forte du côté allemand comme du nôtre.

Nous avons donc étendu l’échange au second collège de Geretsried, la Realschule, attenante au Gymnasium, d’une part afin de consolider les liens entre nos deux villes, et d’autre part de multiplier les contacts pour des échanges plus longs, comme ceux du programme Brigitte Sauzay (échanges individuels de trois mois) que nous encourageons vivement dans notre collège. Cela nous permet également d’avoir un partenaire disponible pour le collège lorsque l’autre établissement réalise l’échange avec le lycée, comme pour ce printemps 2019 où une classe de 4e rencontrera exclusivement des élèves de la Realschule.

Les échanges comprennent une semaine complète dans chaque ville, incluant toujours un week-end entier de façon à ce que l’élève puisse s’immerger le plus possible dans sa famille d’accueil. Un programme de visites est établi d’un côté comme de l’autre, dans le but de faire connaissance avec la culture locale et le patrimoine, et de découvrir les richesses naturelles de nos régions. Les élèves partagent en outre des activités sportives ou ludiques et nous avons également développé depuis l’année dernière des activités franco-allemandes au sein de l’établissement, visant à développer la communication entre nos élèves, dans les deux langues (jeux et visites guidées menés par les élèves eux-mêmes).

Cette année nous avons élaboré un projet pédagogique commun pour nos deux semaines d’échange : nous souhaitons que nos élèves élaborent un projet à deux et qu’ils échangent leurs connaissances et leur créativité. Ils réaliseront donc un carnet de voyage commun en intégrant des chapitres bien précis comme les différences culturelles, des réflexions langagières, etc. Des moments seront intégrés dans les programmes pour leur permettre d’élaborer ensemble leur petite œuvre franco-allemande. J’encourage vivement les élèves à rester le plus possible dans la langue qu’ils apprennent : la discussion se fait alors dans les deux langues simultanément, de façon à profiter pleinement des deux semaines en langue étrangère (plutôt que de parler uniquement français en France et allemand en Allemagne). Les bénéfices apportés par ces échanges scolaires sont très importants. De véritables amitiés durables en sont nées, parfois élargies aux familles d’accueil entre elles. Les élèves communiquent beaucoup sur les réseaux sociaux et vivent leur langue d’apprentissage de façon complètement différente.

Cet échange donne une dynamique forte au cours d’allemand : il permet réellement d’inscrire l’apprentissage dans le pratique et le réel, car tout ce qui est appris « va servir », et l’élève voit du sens dans ce qu’il apprend. Je vois souvent des élèves qui se remotivent soudainement dès les premiers échanges numériques avec leurs correspondants, et qui se mettent au travail sérieusement. D’autres retrouvent une vraie motivation une fois l’échange terminé ; le cumul des découvertes, de l’ouverture sur de nouveaux horizons, et des émotions donne à beaucoup d’élèves un nouveau souffle pour poursuivre l'apprentissage de la langue allemande.

Cet échange a également donné envie à plus d’une quinzaine d’élèves de prolonger leur relation avec l’école jumelée : nous avons mis en place le programme Brigitte Sauzay pour eux afin qu’ils puissent revivre l’expérience individuellement durant trois mois dans leur pays d’accueil. Pour certains d’entre eux, l’échange a complètement changé leur orientation en les amenant à se dirigent vers la section internationale AbiBac. Au-delà, l’échange reste un tremplin positif pour tous ceux qui ont eu la chance d’y participer.

 
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