Tous unis contre la haine

21.03.2016

La semaine d’éducation et d’actions contre le racisme et l’antisémitisme, qui a lieu cette année du 21 au 28 mars, est l’occasion de mener des réflexions visant à prévenir toute forme de discrimination ou de violence fondée sur l’origine ou l’appartenance religieuse.

L'inscription de la question du racisme et de l'antisémitisme dans les programmes d'enseignement moral et civique en offre les moyens : en menant un travail sur le respect des pairs et des adultes, sur le respect des différences, sur la conscience de la diversité des croyances et des convictions, en analysant la manière dont les préjugés et les stéréotypes s'élaborent et alimentent des pratiques discriminatoires, voire des violences, en travaillant aussi sur l'histoire des luttes menées pour atteindre l'égalité des droits.

Quelques exemples d’actions dans les établissements de l’académie

Une fresque sur « La Paix » réalisée par les élèves du collège des Hauts de l'Arzon (Craponne)
Ce travail a été mené de janvier à mars 2016 pendant plusieurs semaines, avec le soutien du foyer du collège et de deux associations artistiques locales (Production directe et FAO). Une artiste, Maryline Drut, a encadré plusieurs groupes d'élèves pendant leurs heures d'études depuis la conception du message et l'apprentissage du graphisme jusqu'à la réalisation finale, en passant par le ponçage des murs, le rebouchage des trous et la pose de l'enduit...

Ce travail a permis de faire connaître aux élèves de grandes personnalités d'origines et de cultures très différentes mais internationalement reconnues (Gandhi, Dalaï Lama, Martin Luther King, Nelson Mandela) qui ont toutes consacré leur vie à l'antiracisme, à la reconnaissance des droits des personnes par la non-violence, et qui ont contribué ainsi à faire avancer la cause de l'égalité et de la paix dans le monde.

Cette action est présentée et géolocalisée sur le site officiel de la semaine contre le racisme et l'antisémitisme.

« Né ici... et pourtant », projet pluridisciplinaire du collège Albert Camus (Clermont-Ferrand)
Les élèves de deux classes de 3e et de l'atelier théâtre s’interrogent sur les thèmes de l’identité et de la diversité, dans le but de construire une culture humaniste, socle du « vivre ensemble » républicain. Pour ces adolescents issus de quartiers populaires, aux parcours familiaux majoritairement marqués par des migrations récentes, la notion d'identité est souvent complexe. La différence est d'abord vécue comme une discrimination. Les enseignants (français, histoire géographie, sciences de la vie et de la terre, éducation musicale, arts dramatiques, enseignement moral et civique) appréhendent l'identité de façon positive pour dépasser les différences linguistiques ou religieuses, dans le respect d'une valeur essentielle : la fraternité. « Se rassembler sans se ressembler », phrase du philosophe clermontois Abdennour Bidar, guide cette démarche.

Les actions entreprises durant l'année sont multiples ; résidence d’un dramaturge, qui accompagne les élèves dans l’écriture d’une pièce de théâtre sur ce thème, qui sera ensuite jouée par les élèves de l’option théâtre du collège Albert Camus à l’Espace Nelson Mandela ; travail sur l'œuvre d'Abd al Malik (projection de son film Qu'Allah bénisse la France, concert précédé d'une rencontre avec l'artiste) ; séjour pédagogique en mars 2016 en Alsace, cœur du projet européen (visites du camp de concentration du Struthof et du Parlement européen de Strasbourg), pour comprendre comment la France et l'Allemagne, deux Etats autrefois ennemis, traumatisés par la barbarie nazie, ont imaginé un destin commun fondé sur des valeurs universelles.

Analyse des caricatures racistes du 19e siècle à nos jours au collège Hennequin (Gannat)
Ce travail, mené en 4e dans le cadre de l’enseignement moral et civique par les enseignants d’histoire, de français et de documentation, fait également le lien avec l’éducation aux médias et la semaine de la presse. Il donnera lieu à une exposition au CDI.

Inauguration d’une plaque en souvenir de Pierre Francfort par les élèves du lycée Emile Duclaux (Aurillac)
En souvenir de Pierre Francfort, élève du lycée Emile Duclaux (Aurillac) mort en déportation le 23 juillet 1943 à l’âge de 14 ans, une classe de seconde a travaillé sur cette période de l'histoire aurillacoise : les élèves ont élaboré un texte synthétique rappelant la vie et la disparition de Pierre Francfort. Ils l'ont lu au cours de la cérémonie d'inauguration de la plaque commémorative apposée sur le monument aux morts du lycée en présence du préfet, du recteur de l'académie et de la directrice des services départementaux de l'éducation nationale du Cantal.
M. Garrigoux, meilleur ami de Pierre Francfort, a témoigné de ces évènements dans une brève intervention.

Pour mémoire, la date du 21 mars, journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, a été choisie par l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies en hommage aux manifestants tués à Sharpeville, en Afrique du Sud, le 21 mars 1960.