Qu’est-ce que la radioactivité ?

15.11.2015

Du 24 au 27 novembre 2015, la cité scolaire Albert Londres de Cusset accueille la semaine « Radioactivité, quand les citoyens s’emparent de la mesure ». Une exposition spécialement conçue pour les collégiens et lycéens sera présentée aux participants d’une formation organisée dans le cadre de l’éducation aux risques majeurs.

L’exposition

Créée par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire et l’Autorité de sûreté nucléaire, l’exposition permet au visiteur de construire son parcours en fonction des thématiques de son choix : les phénomènes liés à la radioactivité, qu’elle soit naturelle ou artificielle, son usage dans les centrales nucléaires, les hôpitaux et l’industrie ou encore les effets de la radioactivité sur l’homme et l’environnement.
Composée de panneaux, de vidéos et de contenus multimédias, l’exposition intègre des ateliers interactifs et plusieurs jeux éducatifs permettant de réaliser des expériences concrètes. En outre, des animateurs seront présents pour apporter des explications supplémentaires.
Inscription possible pour les classes du bassin au cours de la semaine.
L’exposition pourra ensuite être commandée gratuitement par tous les établissements de l’académie.

La formation pour les enseignants

La formation vise à approfondir sur deux jours les enjeux et les usages pédagogiques d’une mesure de la radioactivité directement effectuée par les citoyens.

La journée du 26 novembre, consacrée à des interventions de scientifiques sur les questions actuelles en matière de radioprotection, est ouverte à tous. Elle comprend aussi une table ronde rassemblant plusieurs enseignants de l’académie ayant travaillé sur la mesure de la radioactivité (bruit de fond, mesure spécifique du radon) et un atelier consacrée à la création de scénario pédagogiques interdisciplinaires (possibilité de mise en valeur et de suivi scientifique offerte par le site openradiation développé par l’IRSN et l’IFFO-RME).

Les intervenants :

Ryugo Hayano, professeur de physique à l’université de Tokyo, dirige une équipe de chercheurs sur l’antimatière au Centre européen de recherche nucléaire (Cern), à Genève (Suisse).
Depuis le tremblement de terre et le tsunami de 2011 au Japon, son activité sur le réseau social twitter a fait de lui une personnalité très connue pour ses investigations sur le césium. Ses recherches ont porté sur l’alimentation servie dans les écoles, sur le déploiement de dosimètres corporels pour la mesure des radiations internes, sur le développement d’une méthode pour détecter l’exposition des bébés aux radiations internes (programme Babyscan). Ses liens avec l’association
« Ethos à Fukushima », qui tente d’améliorer le quotidien des habitants dans les territoires contaminés, illustrent la nécessaire collaboration entre les scientifiques et la société civile en situation post-accidentelle. Ses travaux récents ont été publiés dans l’ouvrage Aiming to know, rédigé en collaboration avec Shigesato Itoi.

Geneviève Baumont, ingénieure, expert IRSN, a commencé sa carrière comme ingénieure dans le domaine du nucléaire au CEA où elle participé à divers projets relatif à la sûreté nucléaire. Depuis les années 90, elle s’est orientée vers diverses missions sur l’analyse de la sécurité des centrales et la gestion des risques (facteur humain, prévention précaution…).

Didier Gay, adjoint au directeur des déchets et de la géosphère de l’IRSN, est notamment en charge de la coordination des activités de l’IRSN dans le domaine du radon. Il intervient plus généralement sur les thématiques liées aux milieux géologiques, telles que la radioactivité naturelle, les sites miniers d’uranium, les aléas naturels (séisme, inondation) ou le stockage des déchets.

Objectifs en matière d’éducation aux risques majeurs

En France, du fait du fond géologique très diversifié (rayonnement tellurique) et des différences d'altitude (rayons cosmiques), la variabilité des mesures est importante dans certains lieux. Pour connaître la radioactivité ambiante naturelle (et donc présageant une présence de radon, gaz toxique deuxième cause du cancer du poumon en France), la mesure de la radioactivité est essentielle. Elle devient cruciale en cas d'accident nucléaire pour identifier les territoires touchés, mais aussi pour lever les soupçons sur des territoires non contaminés, mais sur lesquels pèse un doute.

L’utilisation généralisée de capteurs par les citoyens présente une rupture forte avec un modèle d’information essentiellement dépendant des mesures réalisées par les autorités. Dans le cas de l’interface Safecast, plus de 3 000 000 mesures figurent sur une carte internationale « open » non seulement au Japon mais aussi en Asie, en Europe et aux Etat-Unis.

Objectifs scientifiques et pédagogiques

La formation est aussi orientée autour de la mise en œuvre d’un projet de science participative. Elle prévoit l’utilisation de la plate-forme openradiation développée par l’IRSN, qui permet à toute personne de déposer ses données sur un globe virtuel, et la création de scénarios pédagogiques qui peuvent être déclinés au collège ou au lycée dans le cadre de cours, de projets, de travaux personnels encadrés et des futurs enseignements pratiques interdisciplinaires.



Un exemple de travail réalisé par les élèves
La carte safecast