LES MOYENS DU BORD |
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| Antoine Vaton |
Scénario
SEQ 1.GENERIQUE /PLABORD VOILIER - Ext jour
Une puissante main de marin dessine avec soin sur le plabord arrière d'un voilier.
Les lettres du générique apparaissent, à la manière d'un reflet ondulant sur l'eau, se figent puis font place au lettrage suivant.
Le dessin se précise, on reconnaît la silhouette d'une mouette en plein vol.
SEQ 2. CARRE/TABLE CARTE VOILIER - Int Jour
Deux hommes, en costume cravate, inspectent l'intérieur d'un voilier d'une dizaine de mètres. Il n'est pas aisé de se croiser dans un espace si réduit et ils ne cessent de s'excuser.
Tout est propre à bord, à peine quelques gouttes d'eau dans les fonds.
Le plus âgé, méticuleux, observe l'intérieur du bateau et prend des photos. Il s'arrête notamment sur la serrure du voilier, en parfait état. Il tient un attaché-case en toile à la main et porte des chaussures légères.
L'autre, le "quadra" responsable, ne le lâche pas d'une semelle. Ses lourdes chaussures anglaises font du bruit sur le plancher. Il est visiblement irrité par quelque chose. Il ouvre brutalement la table à cartes et la referme. Impatient, ne sachant que faire, il s'assoit au coin de la banquette du carré tout en trépignant.
LE PROPRIETAIRE (Affecté) :
C'est comme si on m'avait violé. Il y a un préjudice moral indéniable, n'est-ce pas Monsieur l'expert ! Pour un marin, se faire voler son propre bateau c'est...
Il envoie un regard appuyé à l'expert qui n'y prête pas attention.
LE PROPRIETAIRE:
Maintenant qu'il a les gardes côtes au cul, y va comprendre qu'on ne touche pas à la Marie-Galante!
L'expert sort son appareil pour une photographie d'ensemble. Le propriétaire se redresse. Il resserre son noeud de cravate et prend la pose. L'expert lui fait signe de se pousser...
Puis il se glisse derrière la table à cartes. Il l'ouvre et s'empare du journal de bord de la "Marie-Galante" qu'il commence à feuilleter.
Du journal de bord sont étrangement absentes les observations maritimes usuelles. La plupart des pages sont couvertes d'esquisses de mouettes en vol.
Il y découvre une lettre manuscrite d'une seule page. En haut à droite, sont inscrits une latitude et une longitude, puis, "Cher Monsieur". Le propriétaire s'approche, intéressé.
LE PROPRIETAIRE (Désignant la position):
Où c'est ?
L'EXPERT:
Tout bonnement en pleine mer. Entre les îles et ici même...
Fondu enchaîné.
SEQ 3. RIVIERE/MER - Ext Soir
C'est la fin de l'été, en Bretagne. Un voilier remonte une rivière, au milieu, des bateaux au mouillage.
A la barre, un homme seul. Il a une quarantaine d'années et porte une vareuse de marin et un jean délavé. Il est nu-pieds.
Il manoeuvre avec calme et agilité. La proue frôle une bouée de chenal. Notre homme, satisfait, contemple la pleine mer qui s'étend devant lui.
La nuit tombe.
SEQ 4.TABLE A CARTE - Int Nuit
Après avoir jeté un coup d'oeil à l'extérieur, l' homme s'installe à la table à cartes.
Une toute petite vis roule sur le plan incliné de la table à cartes. La main puissante de l'homme l'attrape avant qu'elle ne tombe et la glisse entre ses dents. Il saisit un tournevis et à l'aide de la vis referme le boîtier d'un transistor. Il met le contact, ça marche. Consciencieux, il replace le transistor dans son étui.
Il s'intéresse alors à la carte sous ses yeux. Elle est plutôt usée. Il en défroisse le papier et redessine les contours d'une île, en partie effacés.
SEQ 5. MER - Ext Jour
Le jour se lève. Toutes voiles dehors, le voilier s'approche d'une baie abritée. L'homme manoeuvre et "mouille".
L'HOMME (Au bâteau):
Pour une première, c'est pas si mal !
SEQ 6. COCKPIT - Ext Jour
Le transistor finit de donner la météo. L' homme dépose une casserole d'eau chaude sur la table, dans le petit cockpit.
L'HOMME (marmonnant):
Une bouilloire...'manque une bouilloire sur ce bâteau.
Il met le couvert avec soin et pose sur la table un deuxième bol, face à lui. La météo se termine sur "bon vent à tous les marins...". Il éteint le transistor, puis s'empare d'une corne de brume et souffle plusieurs coups longs et courts, en morse.
Il se remplit un bol de thé chaud, sort un canif de sa poche, l'essuie à son pantalon . Du bruit lui parvient de l'intérieur.
PIERRE (Off):
Deux coups longs, un court, un long, un court? R...?, R...PI... ? C'est bien ça?
Pierre apparaît à l'extérieur. Il finit de s'habiller.
C'est un petit citadin de 12/13 ans, au look vaguement "rappeur". Quelques poils commencent à poindre aux coins de sa bouche.
PIERRE :
R...PI, PI...R, PIERRE. Du morse en verlan, t'as fait des progrès.
LE PERE: (ironique)
Eh bien t'm'embrasses plus ton vieux père ?...
Ils se jaugent du regard. Puis, Pierre dépose une bise rapide sur la joue de son père qui l'embrasse sur le front. Le hâle du père contraste avec la pâleur de son fils.
Pierre attrape son bol et s'assoit à côté de son père. Il sort un canif de sa poche, l'essuie à son pantalon. Le voyant faire, son père sourit.
PIERRE:
Tu sais comment qui m'appelaient c't été à Gottingen? (Imitant l'accent allemand) Pèter, Pèèter!, Pèèèter!!!
LE PERE (le reprenant avec calme):
Comment ils m'appelaient. Comment on... m'appelait!
PIERRE:
Tu m'as compris alors qu'est-ce que ça peut faire?
L' homme songeur observe son fils qui mange comme quinze.
PIERRE:
Elle est basse à midi dix ! Je viens de regarder dans l'annuaire. Il est 8h17. Pas besoin de se magner.
L' homme a remarqué la superbe montre de plongée de son fils, trop grosse pour son poignet.
PIERRE:
C'est Georges qui me l'a filée ! Avec Maman, ils m'avaient promis que si je travaillais bien en Allemagne...
Face au mutisme de son père, Pierre ne finit pas.
PIERRE:
Tu sais, j'aurais préféré être avec toi, cet été comme l'année dernière. Mais Georges, il dit qu'y faut être performant et que si je veux réussir dans la vie, y faut que je sois bilingue...
Il croise le regard de son père qui soupire.
PIERRE:
Et pis, maman elle a toujours pas digéré qu'on rentre avec une semaine de retard la dernière fois!
LE PERE:
Six jours ! Y'avait pas un pet de vent et tu te rappelles comme ce bâteau marchait mal ?
PIERRE:
Faut absolument que tu me ramènes à la fin du week- end cette fois-ci !
LE PERE (le coupant):
Midi dix ! A mon avis, elle sera basse plus tôt... D'où vient le vent ?
PIERRE (sans hésiter):
Vent de terre !
Son père le questionne du regard.
PIERRE:
Et on est sous le vent ! Alors, poussée par le vent, la mer va se retirer plus vite...
LE PERE (se saisissant de son fils):
Bien mon petit moussaillon, bien. Toi aussi tu fais des progrès !
Pierre refuse les chatouilles de son père qui se sent brusquement ridicule, avec un enfant si grand dans ses bras.
PIERRE:
J'suis pas ton moussaillon!...
SEQ 7. ROCHER - Ext Jour
Silencieux, Pierre et son père sont à genoux dans les algues.
Ce dernier, aux aguets, désigne à son fils l'autre côté du rocher. Pierre le contourne en marchant sur des oeufs; à la première glissade, il se contient pour ne pas rire.
Sans perdre son calme, son père colle son visage contre le rocher et regarde en dessous. Après avoir fait signe à son fils de se tenir prêt, il plonge délicatement son bras dans un trou. On entend un léger remue-ménage. De l'autre côté, Pierre tente de se saisir d'une grosse étrille (crabe) qui essaie de fuir.
Au lieu de lui venir en aide, son père se cache derrière le rocher. Il observe une vedette des gardes côtes, qui longe le rivage, à vitesse réduite. Soudain la vedette met les gaz et repart.
Tout sourire, Pierre rejoint son père, le crabe à la main. Celui-ci, toujours accroupi, détourne son regard du large vers son fils.
Pierre regarde successivement la vedette qui s'éloigne puis son père qui s'empresse de le féliciter...
SEQ 8. PONT VOILIER - Ext jour
Au-dessus du dessin de la mouette, l'inscription "La mouette" a été tracée. Pierre saute sur le pont. Son père lui tend les deux sacs de pêche.
PIERRE:
Tu l'as appelé pareil.
LE PERE (le rejoignant sur le pont):
Il devrait s'appeler la mouette IV, mais ça fait un peu trop propriétaire à mon goût...
Ils se font face et s'observent un long moment. Le regard de Pierre interroge.
D'un même élan, ils s'accroupissent autour des sacs de pêche...
SEQ 9. DUNE - Ext Nuit
Le son du ressac.
Au sommet d'une petite dune, Pierre est assis à côté de son père, qui lui est allongé et contemple le ciel.
Soudain Pierre se lève, prend son élan et saute depuis la dune sur la plage.
LE PERE:
On devrait avoir du vent demain !
Pierre rejoint son père et s'assoit.
PIERRE:
Sans dec...! ? Fort ?
Son père se lève pour sauter lui aussi de la dune. Pierre scrute le ciel.
LE PERE:
Record battu ! Pas de beaucoup... Dans un an tu me bats !
Un peu essoufflé, l' homme s'approche de son fils et se laisse tomber sur le sable. Il s'installe sur le dos et reprend son observation.
Pierre, immobile, se tient les jambes repliées.
LE PERE:
Si les étoiles scintillent très fort, c'est qu'il y a du vent là-haut !... Quand je devais avoir ton âge, un vieux pêcheur m'a raconté que le vent souffle sur les petites flammes des étoiles exactement comme sur des bougies. Alors les étoiles, elles s'agitent. Mais le vent à beau souffler de toutes ses forces, il n'arrive pas à les éteindre. Alors il se fâche et il descend sur la mer pour se venger de n'avoir pu éteindre aucune étoile...
Pierre s'allonge aux côtés de son père.
SEQ 10. PONT - Ext Jour
La grand voile monte au mât de "La Mouette". Pierre peine à la hisser. Son père, appuyé contre le balcon arrière, dessine dans un minuscule carnet. Il ne prend pas part à la manoeuvre et fait signe à son fils de ne pas quitter des yeux la toile qui s'élève.
Puis, essoufflé, Pierre se précipite à l'avant. Son père lui enjoint de manoeuvrer calmement. Mais celui-ci relève le mouillage, avec rage. Il se bat pour soulever l'ancre et la déposer sur le pont.
Il fonce à l'arrière et s'empare de la barre avec autorité.
Le bâteau s'éloigne de la rive.
L' homme s'approche de son fils. Il range son carnet à dessin dans sa poche et prend son fils par l'épaule.
LE PERE :
Tu veux te débrouiller tout seul ? Alors tu nous ramènes à terre!
PIERRE (inquiet):
Mais comment que je...?
LE PERE:
Je veux pas le savoir.(Puis, ironique). C'est ton bâteau et tu es seul à bord.
Très fier. Pierre barre avec encore plus d'application.
SEQ 11. INT VOILIER/TABLE A CARTE - Jour
L' homme retire une feuille de papier de la table à cartes et commence à écrire une lettre. Il y note la latitude et la longitude du bâteau puis "Cher Monsieur..."
Un rayon de lumière va et vient sur sa main, au rythme des mouvements du voilier.
SEQ 12. INT VOILIER/ TABLE A CARTE - Soir
Pierre fouille dans son sac. Sur le pont, au-dessus de sa tête, il entend son père qui range.
LE PERE(Off):
Allez, dépêche!
Pierre finit par mettre la main sur une photo polaroïd qu'il dépose au-dessus de la table à cartes. Il sort.
SEQ 13. HALL GARE/ QUAI/ TRAIN - Soir
Beaucoup d'animation, dans la petite gare en cette fin de week-end.
Pierre referme la porte d'une cabine téléphonique. Son père l'attend, une bouilloire à la main.
PIERRE:
Elle est rassurée...
Tous deux se rendent sur le quai, alors que le haut parleur annonce le départ. Ils trottinent. Brusquement, Pierre s'arrête et serre son père dans ses bras. Ils repartent, en courant.
Enfin, son père le pousse dans le train. Il dépose un livre usé entre les mains de son fils. "La longue route" de Bernard Moitessier.
Le père saute sur le quai. Les portes se referment.
LE PERE :
Je l'ai trouvé à bord ! Tu lis ?
Pierre sourit tristement. Il fait des signes à son père pour montrer qu'il ne l'entend pas et le remercie pour le livre. Le train démarre.
SEQ 14 . ROUTE/VOILIER/PONTON - Ext Nuit
Le père fait du stop, il tient toujours sa bouilloire à la main.
Une fois sur le voilier, il allume une discrète lumière électrique et dépose la bouilloire sur le petit réchaud. Il glisse la lettre dans le journal de bord. Il referme la table à cartes et tombe sur la photo polaroïd; on le reconnaît en compagnie de son fils, ils sont installés à une terrasse de café.
Il met délicatement la photo dans son sac, jette un dernier coup d'oeil à bord et file.
LE PERE (Off):
Cher monsieur,
Sachez que pour la bonne marche et l'entretien du bord, j'ai procédé à quelques modifications sur votre voilier. Je ne vous ferai pas l'affront de vous présenter des comptes, mais songez à ce qu'un hivernage et ces mêmes réparations vous auraient coûté...
Discrètement, il avance vers le bout du ponton. Il saute dans une barque et disparaît dans la nuit.
SEQ 15. CARRE/TABLE A CARTE VOILIER - Jour
Ouverture au noir.
On reconnaît les deux hommes en costume du début : le propriétaire et l'expert.
A l'aide de la bouilloire, l'expert verse de l'eau chaude, dans un quart en fer blanc que lui tend le propriétaire. Puis, ce dernier reprend sa place au coin de la banquette du carré.
La lettre est posée sur la table à cartes, l'expert en poursuit la lecture.
L'EXPERT :
...votre moteur m'a causé pas mal de soucis : ai constaté que la réparation au niveau de l'arbre à hélice n'avait pas été bien effectuée: à vérifier d'urgence !
Ai procédé à l'entretien courant, vidange et changement des filtres.
Ai recousu deux voiles d'avant et notamment le génois qui est en piteux état. Pour dire vrai, il faudrait renouveler la garde-robe!...
LE PROPRIETAIRE: (entre ses dents):
Y manque pas d'air!
Il envoie un regard appuyé à l'expert qui s'empresse de reprendre sa lecture, un sourire aux coins des lèvres. D'un trait, il avale le quart de thé et se lève.
LE PROPRIETAIRE:
Ça vous fait rire Monsieur l'expert ?...
L'expert prend un visage neutre.
LE PROPRIETAIRE:
Personnellement, j'en ai assez entendu!
L'expert replie la lettre. Le propriétaire le "pousse" dehors.
SEQ 16. PONTON -Ext jour
Tous deux se saluent sur le ponton.
LE PROPRIETAIRE:
J'attends beaucoup de votre rapport... On peut vous faire confiance?
Impuissant face au mutisme de l'expert, le propriétaire s'en va. Ses chaussures faisant toujours un drôle de vacarme sur le plancher du ponton.
L'expert s'empresse de rouvrir la lettre qu'il tient à la main. Il poursuit sa lecture et retrouve son sourire complice.
On peut y lire: "L'étrave gronde. Le vent revient, un peu frais. Il est temps de monter sur le pont. La mer est belle . Merci."
LE PROPRIETAIRE :
(A l'expert off) Et je veux qu'on m'enlève cette mouette!
(in à lui-même) C'est mon bâteau, merde à la fin....
Le regard tourné vers le large, absorbé par ses pensées, l'expert n'entend pas les dernières recommendations du propriétaire.
Une légère brise vient gonfler ses cheveux...
SEQ 17. TRAIN - Int Jour
Le bruit du train noie peu à peu les paroles du propriétaire.
Pierre entame la lecture du livre offert par son père.
Un courant d'air ébouriffe ses cheveux...
Fondu enchaîné.
SEQ 18. MER - Ext jour
Un voilier est seul en pleine mer. Il taille sa route avec légèreté. C'est un bâteau bien différent du précédent, plus élégant.
Sur le pont, l'homme, nu-pieds, est en train de bricoler. L'eau glisse contre la coque, une voile faseye.
A l'arrière, le dessin de la mouette.
Le voilier s'éloigne et disparaît à l'horizon.
Il ne reste que l'immensité de l'océan, et le vent...
FIN
RESUME
Ainsi qu'il le fait chaque année, un homme, saltimbanque de la mer, emmène son jeune fils Pierre pour une escapade de quelques jours à bord d'un voilier "emprunté".
Leurs rencontres sont rares car le garçon vit avec sa mère remariée, mais le père a su transmettre sa passion à son fils et, à travers elle, tous deux s'appliquent à rester proche l'un de l'autre.
NOTE DE L'AUTEUR
Il y a quelques années, mon père, alors expert maritime, fut chargé de vérifier l'état d'un voilier volé puis rendu, emprunté en somme. Il me fit lire la lettre que le voleur avait adressé au propriétaire du bâteau. Je gardais en mémoire cette histoire étonnante.
Plus récemment, l'expérience du tournage entièrement sur l'eau de
"J'ai Échoué" (Philippe Donzelot, 25mn) conforta mon désir de tourner en mer. Je repensais alors à cette anecdote. Elle me servit de point de départ pour l'écriture du scénario.
L'histoire que je raconte est celle d'un homme libre qui en partageant sa passion de la mer avec son fils tente de lutter contre tout ce qui les sépare désormais.
C'est un personnage romanesque à contre courant des maitres-mots de l'époque dans laquelle il vit: performance, propriété... L'enfant, sous le charme de ce père à la fois aventurier et déserteur, hésite entre ce qu'il perçoit des choix de ce dernier et le monde dans lequel il vît, celui là même que son père fuit.
Je pense à une mise en scène pudique sachant garder ses distances, observer ses personnages. Elle suggère plutôt qu'elle ne démontre.
Une image belle sans sophistication, des ambiances sonores trés présentes, un montage donnant la respiration du récit, autant de partis-pris esthétiques qui renforcent la proximité des deux personnages face à l'immensité du décor.
Date de mise à jour de cette page : Wednesday 21 March 2007